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| Discours et dialogue avec Lyndon LaRouche à la conférence du Pont Eurasiatique à Ottawa |
| Dialogue avec LaRouche |
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Voici la traduction du discours de Lyndon LaRouche lors de la conférence du E.I.R. intitulé « L’importance stratégique du Pont terrestre eurasiatique : Le Canada dans le monde eurasiatique de demain.»
R.A. : Je crois que nous sommes prêts à écouter M. LaRouche, qui se trouve présentement en Allemagne, mais qui nous accorde quelques moments de son temps aujourd’hui afin de discuter de ces grands enjeux.
Lyndon LaRouche : Nous expérimentons présentement une grave crise mondiale. Il s’agit de l’une des plus graves, probablement, à moins que nous ne l’enrayons, de la plus grave crise de l’histoire de l’Europe moderne. Nous avons connu au 14e siècle, suite à la faillite d’un certain nombre de banques italiennes, les banques Lombardes, le fameux Age des Ténébres. Nous faisons face aujourd’hui à quelque chose de similaire, mais à une époque différente possédant des caractéristiques différentes.
Des remèdes existent. Cependant ces remèdes requièrent un certain type d’optimisme à propos de l’avenir de l’humanité. Et nous voilà face à ce défi, les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, pays qui constituent essentiellement la partie principale de l’hémisphère Nord des Amériques. Nous nous trouvons aussi à un moment où nous avons l’option d’une proche collaboration avec certaines parties de l’Asie, particulièrement la partie russe de l’Asie; la connexion, entre le nord de la Sibérie, l’Alaska et le nord du Canada vient naturellement à l’esprit. Nous avons des régions dans la partie nord de l’hémisphère, sur deux continents, qui sont très faiblement peuplées mais qui sont riches en ressources minières, entre autres, et qui peuvent également contribuer grandement à la gestion de l’eau, la gestion de l’eau douce de leur continent respectif, ou du moins de la partie nord de ces continents.
Et si nous pouvons relier ces régions, de la Sibérie à l’Alaska, au Canada jusqu’au Etats-Unis et au Mexique, nous aurons alors les fondations pour une grande renaissance économique dans ces régions du monde; le nord de la Sibérie, par exemple, sera encore pour très longtemps d’une importance significative pour l’extraction minière et le transport. Nous avons une situation similaire avec le nord du Canada et l’Alaska, deux régions faiblement peuplées à cause du climat, mais dont le sous-sol est riche en ressources, ce qui signifie qu’elles possèdent un puissant levier pour le développement de leur nation respective, et pour participer au développement de l’hémisphère dans son entièreté.
Nous avons eu, récemment, bien sûr, cette réunion en Russie, à laquelle j’étais un participant indirect mais enthousiaste pour le développement d’un système ferroviaire, centré autour d’un tunnel sous le détroit de Bering, partant du Nord de la Sibérie jusqu’en Alaska et descendant par la suite à Edmonton et à d’autres villes, jusqu’aux Etats-Unis, un système ferroviaire qui, moyennant évidemment quelques développements additionnels, se prolongerait en Amérique Centrale et en Amérique du Sud.
Ce type de développement ferroviaire signifierait que la plus grande partie du monde, incluant l’Afrique, l’Eurasie et les Amériques, se trouverait reliée par un réseau de chemins de fer, ce qui représente une façon beaucoup plus efficace et beaucoup plus économique de transporter des marchandises, en un laps de temps très raisonnable, partout dans le monde. Cela signifie utiliser nos ressources d’une façon plus efficace et plus propre. Cela signifie une grande amélioration des perspectives des populations dans ces régions.
Prenons l’exemple de la région nord du Mexique : Le Mexique a, depuis un bon moment déjà, un projet de développement qui concerne particulièrement la côte du Pacifique, ce qui est d’une grande pertinence pour le sujet dont nous traitons aujourd’hui, et qui a des ramifications jusque dans l’état de Sonora. Maintenant, nous avons ici un problème au niveau de l’immigration : Il y a eu un grand afflux de population qui fuyait le Mexique, en raison, entre autres, de faibles opportunités d’emploi, pour aller aux Etats-Unis. Maintenant, c’est le contraire, ceux qui ont émigré aux Etats-Unis, généralement utilisés comme main d’œuvre à bon marché, se font tout à coup renvoyer au Mexique – 1 ou 2 millions de Mexicains, voire plus—là où il n’y a aucune possibilité d’emploi pour eux. Pourtant, il existe un projet parfaitement réalisable, ce projet hydraulique, qui rendrait disponible une grande partie de l’état de Sonora pour le genre de production à laquelle ces familles oeuvraient auparavant. Cela connecterait ce système hydraulique à celui des Etats-Unis et du Canada, jusqu’en Alaska, ce qui permettrait une meilleure gestion de l’eau douce. Nous serons alors capable de résoudre les graves problèmes d’approvisionnement en eau douce sur le continent, surtout dans les régions où on utilise l’eau fossile, c’est-à-dire de l’eau qui repose dans ces endroits depuis très longtemps mais que nous sommes en train d’épuiser. Nous assistons à un affaissement complet du centre des Etats-Unis, un véritable effondrement du terrain en raison de l’épuisement de ces systèmes hydrauliques. Nous avons un projet capable de résoudre ce problème ( NAWAPA, North American Water and Power Authority- ed.) mais depuis trop longtemps il reste à l’état de projet.
Ensuite, si vous regardez à l’autre extrémité, dans la région arctique, les Russes ont de très bons bateaux là-bas, qui sont propulsés à l’énergie nucléaire, ce qui veut dire que la totalité de cette région Arctique est maintenant ouverte au transport. Et, considérant ce qu’il y a à transporter, cela est très précieux. Cela veut dire que toute la région est maintenant accessible en tant qu’aire de développement, du moins concernant l’industrie minière et d’autres domaines qui lui sont liés.
Voilà donc une chance d’entrer dans une nouvelle ère pour cette partie du monde, pour l’Asie à travers la Sibérie, pour le Canada, l’Alaska, les Etats-Unis et le Mexique. Et à partir de là vers les autres parties du monde.
Le moment est venu, où ayant connu tant de crises, nous avons vécu des périodes de guerres- deux guerres au siècle dernier, deux grandes guerres, deux guerres mondiales comme on dit; nous avons également eu la longue période de la guerre froide; nous avons maintenant le conflit qui détruit les Etats-Unis et les laisse exsangue en raison du coût et de l’effort nécessité par cette guerre dans le Sud Ouest Asiatique; le moment est maintenant venu de rebâtir. Le temps est venu de rebâtir par la paix, de rebâtir non pas selon les bases de la mondialisation, mais plutôt sur celles d’états-nations souverains coopérant en partenariat suivant la tradition de l’excellent Traité de Westphalie, la Paix de Westphalie. Le temps est venu de s’extirper de ces guerres, et d’amener les états-nations à un mode de coopération où leur souveraineté est garantie.
Et bien sûr, cela est très important pour nous, en Amérique du Nord. Le Mexique est très fier de sa souveraineté; les Etats-Unis sont fiers de leur souveraineté; et le Canada est fier de sa souveraineté sur son territoire. Il ne devrait y avoir aucune contrainte imposée, d’une nation sur une autre, ni aucune dilution de ces souverainetés.
Mais nous pouvons coopérer, dans la tradition du Traité de Westphalie, la Paix de Westphalie. Nous pouvons considérer l’avantage de notre voisin, notre partenaire, et découvrir, en coopérant avec eux, les Etats-Unis assistant le Canada dans son développement, le Canada assistant les Etats-Unis, les Etats-Unis et le Canada appuyant le Mexique et vice-versa, que le principe de Westphalie, ‘‘l’avantage de l’autre’’, le bénéfice de l’autre, peut être la vraie base des relations entre états-nations, entre états-nations souverains. Si nous pouvons faire cela, entre nous, avec un projet comme celui dont nous discutons ici, aujourd’hui, nous pourrons probablement inspirer d’autres parties du monde à se joindre à nous, et ainsi se sortir du fouillis dans lequel nous sommes, et dans lequel nous avons été depuis environ un demi siècle, voire même plus longtemps, et démarrer un système d’états-nations souverains, mais des états-nations souverains basés sur les principes du Traité de Westphalie, la Paix de Westphalie, afin de coopérer et de faire bénéficier l’autre. Et nos motifs ne devraient pas être d’entrer en compétition avec les autres ; ni d’essayer de se combattre l’un l’autre pour prendre avantage sur l’autre, mais plutôt de voir ce que chacun d’entre nous peut accomplir comme nation afin de contribuer au bénéfice de l’autre.
Et cela a été proclamé dans la Paix de Westphalie. Et si l’on se rappelle à quoi ressemblait cette époque, et si nous apercevons certaines similarités entre ce type de situation de guerre et les guerres du siècle passé, les guerres récentes en Asie du Sud-Ouest et la menace de voir ces guerres s’étendre, de voir le terrorisme s’étendre dans les Amériques aujourd’hui de la même façon qu’en Asie du Sud-Ouest, on réalise que le temps est venu d’établir la paix.
Tout récemment, nous avons eu une situation similaire, avec la conférence d’Annapolis, tenue à l’intérieur des Etats-Unis, à laquelle participaient plusieurs nations provenant de plusieurs régions du monde, en particulier de l’Asie du Sud-Ouest. Il y avait la Syrie, Israël et d’autres nations, se réunissant à Annapolis et s’élevant à une attitude de coopération – ce n’est pas encore parfait, ce n’est pas encore concrétisé. Mais nous avons fait un grand pas en avant. Ce n’est pas un grand accomplissement, ni un grand traité, mais c’est un changement d’attitude qui promet une opportunité de mettre fin au fouillis qui règne en Asie du Sud-Ouest. Et en coopérant à cet objectif, dans d’autres parties du monde, nous pouvons accomplir la même chose.
Et je dirais : Le temps est venu d’opérer un changement fondamental dans le mode de fonctionnement récent des nations. Les guerres du siècle dernier, la continuation des guerres, et les menaces de guerres dans ce siècle, le début d’une crise financière qui est une des pires, certainement la pire de l’histoire moderne, à moins que nous ne la maîtrisions.
Nous sommes maintenant au point où il est impératif de maîtriser cette crise financière. Nous le pouvons. Je ne vais pas en discuter beaucoup aujourd’hui. Mais on peut faire un pas dans cette direction avec la construction de grands projets, en particulier s’ils impliquent une coopération entre nations dans la construction d’infrastructures, ou une coopération entre nations dans le développement de matières premières là où nous en avons besoin, afin de contrer la pénurie de matières premières qui nous menace ; ou une coopération pour développer de nouvelles sortes d’énergies qui nous permettront d’obtenir des énergies plus propres, plus efficaces, plus puissantes, ce genre de choses. Si nous pouvons atteindre ce type de coopération maintenant, alors il y a une chance pour toute l’humanité. Et ce que nous faisons dans cet hémisphère, dans l’hémisphère nord des Amériques, ce que nous proposons de faire avec le Canada, les Etats-Unis incluant l’Alaska, ainsi que le Mexique, en conjonction avec les Asiatiques, grâce à ce qui sera un tunnel entre l’Asie et l’Alaska, et le développement d’un nouveau système ferroviaire, un système ferroviaire moderne, c’est d’unir ces parties du monde qui sont parmi les territoires les plus riches en matières premières de la planète afin d’accomplir ce genre de projet.
Voilà essentiellement mon intention, Voilà ma mission. Maintenant, c’est à vous de jouer.